Nancy, ma ville |L'Ecole de Nancy

A l'approche du XXe siècle et sous l'impulsion décisive de nombreux artistes, architectes et commanditaires, l'Art nouveau connaît un développement exceptionnel et international. Tous les domaines de création et techniques sont concernés par ce mouvement artistique.

A Nancy, l'Art nouveau prend le nom d'Ecole de Nancy, ou Alliance provinciale des industries d'art, grâce notamment à la figure emblématique d'Emile Gallé. Verrerie, mobilier, vitrail, céramique, cuir, feronnerie, architecture, etc., participent à ce vaste mouvement de rénovation des arts décoratifs qui marque encore aujourd'hui la ville de Nancy.

 

l'Art Nouveau

L'Art Nouveau se présente dans l'histoire des arts comme un phénomène insolite. Ses formes fluides ne sont pas toujours faciles à saisir et ses frontières manquent de précisions. Un phénomène complexe mais réfléchi qui, puisant sa sève dans des terroirs de qualité, illumine son époque comme un feu d'artifice.


Celle que l'on nomme avec un attendrissement railleur "la belle époque". Beaucoup y voyait une passade sans lendemain destinée à satisfaire une société, qui à la charnière de deux siècles, annonçait un monde nouveau. Malgré son passage éphémère dans la vie des arts, aucun style n'a jamais reçu d'appellations aussi nombreuses, ni aussi variées. Un mouvement de création artistique parfaitement indépendant de la capitale, s'anime et se déploie dans une ville de province. Un mouvement qui n'est pas une évolution des formes antérieures mais qui détermine une novation de l'art et de la technique. Quand nous parlons d'une "école de Fontainebleau" ou d'une "école de Pont-Aven" c'est pour désigner le lieu de rencontre passager de peintres qui avaient entres eux des affinités.

 

Les français s'obstinèrent par snobisme anglophile, à le nommer Modern Style et les américains le Style Tiffany. Il y eut aussi une foule de mots d'abord inventés, plus ou moins par dérision, qui passèrent dans le langage courant : le style nouille, le style coup de fouet, le style métro (en hommage à Guimard), le style fin de siècle et le style 1900.

La peinture, la sculpture mais aussi la mode, la publicité, l'architecture, la décoration, le mobilier, les bijoux, rien n'a échappé à l'influence de l'Art Nouveau.

L'Art Nouveau a connu simultanément une expansion internationale : Bruxelles, Nancy, Paris, Vienne, Munich, Londres, Barcelone, New York...

                      

 

Matériaux favoris
La pâte de verre, la marqueterie, les bois précieux, le fer forgé, les vitraux, la faïence, la porcelaine, le bronze, la pierre, les affiches... tous les matériaux les plus nobles ont servi l'inspiration des artistes de l'Art Nouveau.
 

 

 

L'Ecole de Nancy

Lorsque la cité ducale ouvrit le magnifique musée de l'école de Nancy en 1964, les journaux parisiens perlèrent de la résurrection d'un "art de cauchemar".Pourtant aujourd'hui, la planète nous envie ce mouvement qui allia industrie et poésie, et promut en son temps la formation professionnelle continue et les échanges européens. Emile Gallé, industriel, maître verrier, ébéniste et céramiste n'eut de cesse jusqu'à sa mort (en 1904) de maintenir ce rôle d'initiateur du progrès.


1871 : traité de francfort, Nancy,alors située à 30km de la frontière allemande, devient capitale de l'Est et accueille les patriote d'Alsace et de la Moselle.

Nancy devient un front militaire, industriel, commercial et financier. Une grande effervescence s'installe. Gallé, mais aussi Majorelle (industriel ébéniste) et Vallin (Menuisier d'art et architecte) sont nés avant la guerre de 70. Ils sont les héritiers d'un potentiel productif et dépositaires d'une solide culture qui leur permet de développer leur propre réflexion sur le société, de manière critique et profonde. Ils seront les initiateurs et surtout les catalyseurs de la fougue artistique de la fin du siècle dans la cité ducale.
 

 

Dès son plus jeune age, Emile Gallé est un passionné de la nature. Il aménagera par la suite, en 1873, le parc de sa grande maison familiale, Avenue de la garenne, et installera des parterres jusque dans son atelier, situé à coté des serres de son ami horticulteur Victor Lemoine. De la contemplation de ces plantes merveilleuse, il tire des principes d’harmonie applicables à l’art décoratif. La nature sera à jamais liée à son art.

 

 

 

 

Pragmatique et déterminé, il met par ailleurs en œuvre un projet industriel conséquent, ouvrant successivement en 1885 une manufacture de meubles et en 1894 une cristallerie. Il installe des dépôts à Francfort et à Londres, réfléchit à la diffusion de l’électricité et travaille des formes décoratives nouvelles adaptées au nouveau mode d’éclairage.

 

 

 

 

La voie empruntée par Gallé, avec près de 10ans d’avance, n’a pas laissé indifférents des contemporains nancéiens. Les échanges sont nombreux, et les lieux d’expositions de œuvres locales se développent.
 

 


On note l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes. Louis Majorelle fait appel à de jeunes peintres nancéiens, déjà reconnus pour leur talent (Friant, Martin) pour continuer la pratique paternelle de meubles peints ou laqués. Victor Prouvé, issu du milieu de la broderie, entame une fructueuse collaboration avec Gallé et travaille avec Martin et Wiener dans le domaine de la reliure.
 

 

1894, l’exposition organisée à Nancy par le Comité d’Art Décoratif Lorrain préfigure la naissance de l’école de Nancy. Les liens multiples, artistique et industriels, ainsi développés conduisent à des rapprochements : Daum et Majorelle collaborent dès 1898 sur des produits comme le luminaire : Gallé et Majorelle, sui ont des stratégies commerciales voisines, travaillent en parallèle pour l’Exposition Universelle de 1900 à Paris. 

 

 

Les échanges entre l’art et l’industrie s’intensifient et il devient urgent et prioritaire de former des ouvriers d’art compétents pour contrer la concurrence, notamment étrangère. Les démarches solitaires ne permettent plus d’avenir et le Comité directeur de l'ecole de Nancy, présenté en février1901, est composé de 36 membres de professions et de motivations très différentes. On y retrouve, bien sûr, des peintres, des décorateurs, des sculpteurs, des enseignants, …

Sous le nom d’Alliance provinciale des industrie d’art » , le Comité aura des objectifs ambitieux pour la mise en œuvre d’une idéal industriel, esthétique et social, et entendra travailler autour de 2 axes ; la mise en place de structures éducatives formatrice et de développement des échanges avec les autres foyers d’Art Nouveau en Europe. L’Ecole de Nancy est née.

 

LES PRINCIPAUX ACTEURS DE L ECOLE DE NANCY


Emile Gallé (1846-1904) verrier, céramiste et industriel d'art

Louis Majorelle (1859-1926) ébéniste, créateur de fers forgés ornementaux et décorateur

Victor Prouvé (1858-1943) peintre, sculpteur, graveur et décorateur

Antonin Daum (1864-1930) verrier et industriel d'art

Auguste Daum (1853-1909) verrier et industriel d'art

Eugène Vallin (1856-1922) ébéniste et architecte

Jacques Gruber (1870-1936) peintre, verrier et décorateur

Emile André (1871-1933) architecte

Camille Martin (1861-1898) peintre et décorateur

Lucien Weissenburger (1860-1929) architecte

Emile Friant (1863-1932) peintre et décorateur
René Wiener (1885 - 1939) relieur