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l'Art Nouveau
L'Art
Nouveau se présente dans l'histoire des arts comme un phénomène
insolite. Ses formes fluides ne sont pas toujours faciles à saisir
et ses frontières manquent de précisions. Un phénomène complexe mais
réfléchi qui, puisant sa sève dans des terroirs de qualité, illumine
son époque comme un feu d'artifice.

Celle que l'on nomme avec un attendrissement railleur "la belle
époque". Beaucoup y voyait une passade sans lendemain destinée à
satisfaire une société, qui à la charnière de deux siècles,
annonçait un monde nouveau. Malgré son passage éphémère dans la vie
des arts, aucun style n'a jamais reçu d'appellations aussi
nombreuses, ni aussi variées. Un mouvement de création artistique
parfaitement indépendant de la capitale, s'anime et se déploie dans
une ville de province. Un mouvement qui n'est pas une évolution des
formes antérieures mais qui détermine une novation de l'art et de la
technique. Quand nous parlons d'une "école de Fontainebleau" ou
d'une "école de Pont-Aven" c'est pour désigner le lieu de rencontre
passager de peintres qui avaient entres eux des affinités.
Les français s'obstinèrent par snobisme anglophile, à le nommer
Modern Style et les américains le Style Tiffany. Il y eut aussi une
foule de mots d'abord inventés, plus ou moins par dérision, qui
passèrent dans le langage courant : le style nouille, le style coup
de fouet, le style métro (en hommage à Guimard), le style fin de
siècle et le style 1900.
La peinture, la sculpture mais aussi la mode, la publicité,
l'architecture, la décoration, le mobilier, les bijoux, rien n'a
échappé à l'influence de l'Art Nouveau.
L'Art Nouveau a connu simultanément une expansion internationale :
Bruxelles, Nancy, Paris, Vienne, Munich, Londres, Barcelone, New
York...

Matériaux favoris
La pâte de verre, la marqueterie, les bois précieux, le fer forgé,
les vitraux, la faïence, la porcelaine, le bronze, la pierre, les
affiches... tous les matériaux les plus nobles ont servi
l'inspiration des artistes de l'Art Nouveau.

L'Ecole de Nancy
Lorsque
la cité ducale ouvrit le magnifique musée de l'école de Nancy en
1964, les journaux parisiens perlèrent de la résurrection d'un "art
de cauchemar".Pourtant aujourd'hui, la planète nous envie ce
mouvement qui allia industrie et poésie, et promut en son temps la
formation professionnelle continue et les échanges européens. Emile
Gallé, industriel, maître verrier, ébéniste et céramiste n'eut de
cesse jusqu'à sa mort (en 1904) de maintenir ce rôle d'initiateur du
progrès.
1871 : traité de francfort, Nancy,alors située à 30km de la
frontière allemande, devient capitale de l'Est et accueille les
patriote d'Alsace et de la Moselle.
Nancy devient un front militaire, industriel, commercial et
financier. Une grande effervescence s'installe. Gallé, mais aussi
Majorelle (industriel ébéniste) et Vallin (Menuisier d'art et
architecte) sont nés avant la guerre de 70. Ils sont les héritiers
d'un potentiel productif et dépositaires d'une solide culture qui
leur permet de développer leur propre réflexion sur le société, de
manière critique et profonde. Ils seront les initiateurs et surtout
les catalyseurs de la fougue artistique de la fin du siècle dans la
cité ducale.
Dès
son plus jeune age, Emile Gallé est un passionné de la nature. Il
aménagera par la suite, en 1873, le parc de sa grande maison
familiale, Avenue de la garenne, et installera des parterres jusque
dans son atelier, situé à coté des serres de son ami horticulteur
Victor Lemoine. De la contemplation de ces plantes merveilleuse, il
tire des principes d’harmonie applicables à l’art décoratif. La
nature sera à jamais liée à son art.
 Pragmatique
et déterminé, il met par ailleurs en œuvre un projet industriel
conséquent, ouvrant successivement en 1885 une manufacture de
meubles et en 1894 une cristallerie. Il installe des dépôts à
Francfort et à Londres, réfléchit à la diffusion de l’électricité et
travaille des formes décoratives nouvelles adaptées au nouveau mode
d’éclairage.
La
voie empruntée par Gallé, avec près de 10ans d’avance, n’a pas
laissé indifférents des contemporains nancéiens. Les échanges sont
nombreux, et les lieux d’expositions de œuvres locales se
développent.
On note l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes. Louis
Majorelle fait appel à de jeunes peintres nancéiens, déjà reconnus
pour leur talent (Friant, Martin) pour continuer la pratique
paternelle de meubles peints ou laqués. Victor Prouvé, issu du
milieu de la broderie, entame une fructueuse collaboration avec
Gallé et travaille avec Martin et Wiener dans le domaine de la
reliure.
1894,
l’exposition organisée à Nancy par le Comité d’Art Décoratif Lorrain
préfigure la naissance de l’école de Nancy. Les liens multiples,
artistique et industriels, ainsi développés conduisent à des
rapprochements : Daum et Majorelle collaborent dès 1898 sur des
produits comme le luminaire : Gallé et Majorelle, sui ont des
stratégies commerciales voisines, travaillent en parallèle pour
l’Exposition Universelle de 1900 à Paris.
Les échanges entre l’art et l’industrie s’intensifient et il
devient urgent et prioritaire de former des ouvriers d’art
compétents pour contrer la concurrence, notamment étrangère. Les
démarches solitaires ne permettent plus d’avenir et le Comité
directeur de l'ecole de Nancy, présenté en février1901, est composé
de 36 membres de professions et de motivations très différentes. On
y retrouve, bien sûr, des peintres, des décorateurs, des sculpteurs,
des enseignants, …

Sous le nom d’Alliance provinciale des industrie d’art » , le
Comité aura des objectifs ambitieux pour la mise en œuvre d’une
idéal industriel, esthétique et social, et entendra travailler
autour de 2 axes ; la mise en place de structures éducatives
formatrice et de développement des échanges avec les autres foyers
d’Art Nouveau en Europe. L’Ecole de Nancy est née.

LES PRINCIPAUX ACTEURS DE L ECOLE DE NANCY

Emile Gallé (1846-1904) verrier, céramiste et industriel d'art
Louis Majorelle (1859-1926) ébéniste, créateur de fers forgés
ornementaux et décorateur
Victor Prouvé (1858-1943) peintre, sculpteur, graveur et décorateur
Antonin Daum (1864-1930) verrier et industriel d'art
Auguste Daum (1853-1909) verrier et industriel d'art
Eugène Vallin (1856-1922) ébéniste et architecte
Jacques Gruber (1870-1936) peintre, verrier et décorateur
Emile André (1871-1933) architecte
Camille Martin (1861-1898) peintre et décorateur
Lucien Weissenburger (1860-1929) architecte
Emile Friant (1863-1932) peintre et décorateur
René Wiener (1885 - 1939) relieur
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